Les visages du Sonnenhof
Le parcours inspirant et plein de sens de Jean-Matthieu, de l’ESAT à la cuisine gastronomique : inclusion, autodétermination et réussite.
Une vocation née très tôt : la cuisine comme fil conducteur
Passionné de cuisine depuis l’enfance, Jean-Matthieu découvre très tôt le plaisir de préparer des plats. Une contrainte personnelle – son intolérance au gluten – renforce encore cet intérêt :
Je voulais pouvoir manger comme tout le monde
En 1999, il intègre l’ESAT de Hoerdt. Un an plus tard, il rejoint la brigade du Festin, au Sonnenhof, sous la responsabilité de Jean-Marc Siat. Pendant près de 20 ans, il y apprend les bases du métier, mais aussi la rigueur, la régularité et le travail en équipe.
Le sport comme moteur de confiance et de progression
Parallèlement, Jean-Matthieu construit un parcours remarquable en tennis de table. Champion d’Alsace à 21 reprises, champion du Bas-Rhin 18 fois et champion de France en 1998, il s’entraîne pendant près de 20 ans avec Jean-Pierre Eckly.
Au-delà des résultats, le sport joue un rôle clé dans son développement :
Le sport m’a permis d’avoir plus confiance en moi
Cette confiance, il la transpose dans sa vie professionnelle, notamment dans la gestion du stress en cuisine.
Un projet clair : travailler en milieu ordinaire
Depuis toujours, Jean-Matthieu nourrit une ambition précise : intégrer un restaurant gastronomique en milieu ordinaire.
Depuis petit, je voulais travailler dans un grand restaurant, connaître les coulisses, confie-t-il
Ce projet, loin d’être immédiat, s’est construit progressivement, grâce à un accompagnement dans la durée. Après son passage au Sonnenhof, Jean-Matthieu poursuit son parcours à l’ESAT de Hartouse, où il affine ses compétences et mûrit son projet professionnel.
C’est là qu’il initie une première démarche concrète vers le milieu ordinaire :
J’ai demandé un stage, puis j’ai pu en faire plusieurs au Bœuf Rouge, explique-t-il.
Ces immersions successives, suivies d’une mise à disposition, jouent un rôle déterminant : elles lui permettent de découvrir un nouvel environnement, plus exigeant, mais aussi de prendre confiance en ses capacités.
C’était différent du travail en ESAT. Là-bas, c’est adapté, plus tranquille. Dans un restaurant, il faut être prêt tout de suite. Mais ça m’a permis d’apprendre beaucoup, raconte-t-il.
Ce cheminement progressif illustre pleinement une logique d’accompagnement vers l’autonomie, où chaque étape compte et prépare la suivante.
Une intégration réussie en cuisine gastronomique
Aujourd’hui en CDI, Jean-Matthieu occupe le poste stratégique des amuse-bouches. Chaque jour, il prépare les premières bouchées dégustées par les clients — celles qui donnent le ton du repas.
Pour le chef François Golla, ce qui a fait la différence est évident :
C’était son envie, il avait le potentiel et surtout l’envie d’apprendre
Son intégration a également transformé l’équipe :
Cela a renforcé la cohésion et amené tout le monde à se remettre en question
Un parcours qui illustre l’inclusion réussie
Le parcours de Jean-Matthieu montre que l’inclusion professionnelle ne relève pas du hasard. Elle repose sur :
- un accompagnement dans la durée
- la valorisation des compétences
- la confiance accordée
- et surtout, la capacité de la personne à exprimer et suivre ses choix
Jean-Marc Siat souligne cette progression :
Jean-Matthieu a trouvé sa voie
Une fierté partagée
Aujourd’hui, Jean-Matthieu ne cache pas sa fierté :
Je suis fier d’en être arrivé là où je suis
Son parcours illustre pleinement les valeurs portées par la Fondation Sonnenhof : accompagner, révéler, permettre.
Pourquoi ces parcours comptent
Mettre en lumière ces trajectoires, c’est rappeler une évidence :
- chaque personne a un potentiel
- chaque parcours peut évoluer
- chaque réussite mérite d’être racontée
Jean-Matthieu est l’un des visages du Sonnenhof. Un visage qui montre que l’inclusion est possible… et qu’elle est une richesse pour tous.